« Le hors site : un outil pour participer à la construction de la ville de demain ? » Retour sur deux tables rondes
Face aux mutations du secteur de la construction, l’USH des Pays de la Loire et l’Ordre des Architectes des Pays de la Loire ont souhaité ouvrir un espace de dialogue et de réflexion collective autour d’un sujet clé pour l’avenir : le développement du hors-site et ses impacts sur les pratiques professionnelles.
Deux tables rondes animées par Maryse Quinton, journaliste et enseignante à l’ENSA Nantes, ont permis de croiser les regards et de partager des retours d’expérience d’acteurs engagés dans ces nouvelles méthodes constructives.
Une première table ronde sur la construction neuve
Une première table ronde pour interroger les pratiques sur la construction neuve a eu lieu le 12 novembre dernier, maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre, élus et entreprises industrielles se sont réunis autour de la question : « Comment le hors-site transforme nos pratiques et nos projets ? ». Elle a réuni des intervenants engagés :
- Thomas Quéro, adjoint à la Maire de Nantes en charge de l’urbanisme
- Gonzague Noyelle, Directeur général de Podeliha & Les 3 Roches
- Jérôme Berranger, Conseiller national de l’Ordre des Architectes
- Patrick Moreuil, Agence TETRARC
- Céline Beaujolin, Déléguée générale de la Filière Hors-Site France
- Édouard Bonnin, Directeur général de LCA Construction Bois
Une table ronde sur le Hors-site au service de la réhabilitation
La seconde table ronde « Le hors-site au service de la réhabilitation » a eu Mardi 2 décembre 2025, avec la participation de :
- François Prochasson, adjoint à la Maire de Nantes
- Christèle Renaud-Martin, Directrice générale adjointe, Nantes Métropole Habitat
- Fabien Gantois, Conseiller national de l’Ordre des Architectes
- Johanne Guichard Floc’h, Agence Johanne SAN
- Sandra Satgé, Juriste, Référent au sein du Service Veille et Assistance Juridique MAF – Direction Stratégie et Service.
- Florian Lefebvre, Directeur Général de Cruard Charpente et Constructions Bois
Lien vers Replay de la table ronde du 2 décembre 2025
Les échanges ont mis en lumière la manière dont la méthode hors-site pouvait aider à relever les défis majeurs auxquels est confronté le secteur : exigences réglementaires accrues, maîtrise de la qualité d’exécution, prévention des malfaçons et contrôle des coûts. Ils ont également permis d’attirer la vigilance des professionnels qui souhaitent s’engager vers ces méthodes sur les risques et actions particulières à mettre en œuvre : exigence de compétence et d’expérience des équipes projets pour l’ensemble des acteurs, commissionnement en usine, dimensionnement et protection des ouvrages en phase provisoire (transport, stockage, grutage, assemblage).
Dans ce contexte, le hors-site apparaît comme une réponse structurante, à condition de s’appuyer sur un changement de méthode global avec des acteurs qui collaborent étroitement dès les phases de conception des constructions. L’importance du travail interdisciplinaire, de l’apprentissage collectif et du dialogue entre l’ensemble des acteurs pour accompagner la transformation du secteur a été réaffirmée.
La standardisation de certains éléments constructifs, associée à des process industriels exigeants en matière de qualité, a été identifiée comme une piste prometteuse de rationalisation des coûts. Tous s’accordent néanmoins sur la nécessité d’un passage à l’échelle, indispensable pour amortir les coûts de développement et sécuriser les modèles économiques. Les procédés hors site représentent en France environ 5% des parts de marché de la construction, alors qu’en Allemagne où la culture industrielle est évidente, ils représentent 20% du part de marché de la construction.
Les intervenants ont également souligné le rôle clé de l’architecte, à la fois en phase de conception – pour concilier attentes, contraintes et innovation – et en phase de réalisation, comme garant du respect des engagements de qualité. L’importance des diagnostics du bâti existant a été rappelée pour les projets de réhabilitation thermique mais cela vaut d’autant plus pour les projets intégrant des isolants biosourcés. Les modes de contractualisation ont également été abordés pour intégrer les industriels au plus tôt, afin de sécuriser les conceptions et les coûts.
Les élus de Nantes et de la Métropole ont exprimé leur engagement et leur soutien aux démarches de mutualisation de la commande des bailleurs sociaux et ont réaffirmé les attentes des citoyens :
- acceptabilité des projets, les procédés hors site offrent des avantages de réduction des nuisances pour les habitants sur les projets de réhabilitation en site occupé, c’est également vrai pour les nuisances au voisinage pour le projet de construction ;
- désirabilité, invitant les concepteurs à produire des architectures désirables et abordables, le premier souci des usages restent la capacité à financer leur logement de bonne qualité.
- réponse à l’urgence sociale et urgence climatique, nécessité d’accélérer la rénovation thermique et l’adaptation du parc au changement climatique mais également nécessité de décarboner les activités du bâtiment.
Les élus ont annoncé vouloir orienter plusieurs opérations de rénovation et de constructions de logement vers ces procédés hors site, jouant ainsi un rôle actif pour la structuration de la filière économique locale.





